Je suis aussi « matante » Vivi

Un jour, ma bonne amie Véro m’a annoncé qu’elle était enceinte. Ouf, vous dire l’effet que ça m’a fait!!

Dans ma tête, encore aujourd’hui, je ne suis pas une adulte. Les adultes, c’est sérieux. C’est propriétaire d’un bungalow en banlieue, de deux voitures, ça prend des REER, ça paye des taxes. Les adultes, c’est responsable. Un jour, je serai une adulte. Mais pas encore!

Et Véro, c’était mon ancienne coloc. Celle avec qui on se tapait un aller-retour à Montréal boire un café Starbucks pour revenir aussitôt à Québec. Celle avec qui on allait aussi aller-retour à Trois-Rivières voir un show un mercredi soir. Celle avec qui on s’enfilait des martinis le vendredi soir, en écoutant des épisodes de Sex & the City.

Un bébé? C’était une bombe! Du coup, on devenait adultes. Enfin, c’était un pas de plus!

Mais Juliette n’était pas encore née que j’étais déjà une « matante » complètement gaga. Je ne savais pas encore si c’était une petite fille ou un petit garçon que j’écumais les allées de vêtements pour bébé en poussant des ho! et des ha! d’admiration devant les vêtements si petits…

Depuis, je suis devenue une matante aguerrie. J’ai changé des couches. J’ai donné des biberons, bercé des coliques (une fois, et j’ai depuis un respect encore plus grand pour tous ceux qui sont parents, et une admiration sans bornes pour toutes les personnes monoparentales de ce monde!), donné des bains… J’ai perdu le compte du nombre de fois où j’ai écouté Cars, j’ai joué au docteur, j’ai fait le train, joué à cache-cache… J’ai amené ma mini Juliette au théâtre, à la bibliothèque, je suis allé la chercher à la garderie… Je me surprends même à dire « Oui, oui, c’est pas grave, j’y vais! » quand Juliette réclame d’aller faire pipi en ma compagnie quand je suis chez elle.

Tous ceux qui me côtoient ont déjà entendu parler de Juliette. Je m’émerveille de tout! Quand elle apprend à chuchoter. Quand elle apprend la nuance entre « oui » et « ben oui ». Je ris de ses mots d’enfants.

Je suis quand même un peu rassurée. L’autre soir, alors que je la gardais, j’ai dit à Juliette que c’était l’heure d’aller faire dodo. Quand elle m’a demandé si j’allais moi aussi faire dodo, j’ai dit que les adultes se couchaient plus tard que les enfants. Et Juliette de me dire « Mais matante Vivi, t’es une p’tite fille, toi! »

Ah, merci ma belle Juju de faire le contre-poids de tous les vendeurs et vendeuses dans les boutiques qui me vouvoient spontanément depuis quelques années. Ça me fait oublier le « madame » dont on me qualifie parfois maintenant!

Et un des plaisirs d’être matante, c’est de faire fi des règles. De juste faire quelque chose pour le plaisir, parce que c’est plaisant, parce que c’est bon… Comme ce matin où j’étais « matante de garde » pour quelques heures. À 8h, je faisais des crêpes au Nutella. Et on a mangé en écoutant Bugs Bunny et Tweety Bird. Avec un jus de pomme. Et avec quelques pages de La Petite marchande de prose de Pennac dont Juliette a réclamé la lecture (je n’allais quand même pas dire non à ça!)…

Juliette et les crêpes au Nutella de matante Vivi

Juliette et les crêpes au Nutella de matante Vivi

Alors, je ne suis pas vraiment encore adulte. Je ne sais pas si je le serai un jour vraiment. Oui, je prends des REER. Et je paie des taxes! Mais je crois que, tant que j’entendrai ma mini Juju m’appeler « matante Vivi », je serai toujours une p’tite fille complètement gaga devant ses boucles rousses!

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3 réponses à “Je suis aussi « matante » Vivi

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