Je rêve de l’Ile-du-Prince-Édouard

Parfois, il m’arrive d’accepter les invitations d’amis un peu à l’aveuglette, surtout pour le plaisir de les voir plus qu’autre chose. C’est ce qui est arrivé quand mon ami Dezjeff, alias Jeff Zed, alias la star d’Instagram (j’aime bien le taquiner!), m’a invité à la présentation « L’Ile en tournée / The Island Roadshow« . Un peu plus, et je me présentais au mauvais endroit, mais heureusement, je me suis retrouvé en plein party prince-édouardien.

L’Ile en tournée, qu’est-ce que c’est? C’est un court spectacle de variétés qui fait la promotion des fêtes de 2014 à l’Ile-du-Prince-Édouard, alors qu’on y célébrera le 150e anniversaire de la Conférence de Charlottetown de 1864, qui a mené à la création de la Confédération canadienne. D’entrée de jeu, on nous invite à participer aux festivités et à redécouvrir notre sentiment « d’appartenance canadien ».

C’est donc impossible pour moi de vous parler de l’envie folle que j’ai de visiter l’IPÉ après cette soirée sans parler un peu de ma vision du Canada: je me rebiffe toujours un peu quand on m’en parle comme un seul et grand pays. Pour moi, le Canada, c’est un assemblage de régions toutes plus uniques les unes que les autres, et qui sont toujours plus intéressantes prises individuellement que collectivement.

Ainsi, je ne me sens vraiment pas Canadienne – ce n’est pas pour rien quand, en voyage à l’étranger on me demande d’où je viens, je réponds invariablement du Québec. C’est là d’où je viens. C’est qui je suis. Par contre, je me sens une parenté profonde avec les Acadiens: ma mère vient de la Gaspésie, mon père du Nouveau-Brunswick, ce n’est donc pas juste juste dans ma tête mais bien aussi dans mon arbre généalogique que cette parenté existe. Et donc, quand les Prince-Édouardiens me parlent de ce qui fait leur identité, de leurs racines acadiennes qui les rendent si uniques, c’est à ce moment que je me sens compatriote.

Ce qui me donne envie de visiter l’IPÉ l’été prochain, ce n’est pas le 150e anniversaire de la Confédération: c’est sa musique, sa nourriture, ses habitants, et l’Acadie qui s’y exprime encore malgré la Déportation des Acadiens (1755-1763). Un aveu: à ce jour, je suis incapable d’écouter la chanson Évangéline de Marie-Jo Thério sans pleurer à chaudes larmes!

J’ai envie d’y aller parce qu’on y retrouve des Gallant à profusion, ce qui est le nom de famille de ma mère – d’ailleurs, on retrouve à l’Ile-du-Prince-Édouard un grand nombre de noms de famille que l’on retrouve aussi en Gaspésie, entre autres dans la vallée de la Matapédia (Gallant, Haché, Arsenault, Leblanc). Je me sens en famille!

J’ai envie d’y aller parce que j’ai fini par raffoler du country (que j’ai détesté toute mon adolescence), parce que la musique aux accents irlandais me met immanquablement de bonne humeur, et parce que le violon, le banjo et un set de cuillères, ça ne sert pas juste à jouer des rigodons! Je suis une fan finie de Great Big Sea, je me suis éraillé la voix une bonne partie de ma vingtaine au Pub St-Alexandre à hurler « Take Me Home! » avec les Cape Breton Barbarians, une pinte de bière à la main (ce que je referais encore avec grand plaisir)!

Ce qui m’a surtout charmé hier soir, ce qui pique ma curiosité de foodie, ce sont les quelques bouchées que j’ai réussi à attraper avant d’assister au spectacle. Une constante: les bleuets! Avec son accent chantant, entre l’ouverture de deux huîtres apparemment sans effort, le chef Robert Pendergast m’explique en français que certains secteurs de l’IPÉ ressemblent beaucoup au Lac-St-Jean tellement il y a des bleuets en quantité. Le petit fruit était en vedette dans un spritzer à la vodka et aux bleuets tout en fraîcheur, en garniture sur un petit lobster cake savoureux et en mignonette sur une huître Raspberry Point – coup de foudre! Ajoutez à cela quelques morceaux de fromages goûteux et savoureux, entièrement différents de nos fromages d’ici, et c’est suffisant pour que je commence à surfer sur le web pour trouver de l’hébergement pour mes vacances d’été l’an prochain.

Ce que je retire de ma soirée d’hier, c’est qu’avec ou sans confédération canadienne, l’Ile-du-Prince-Édouard me semble un trésor à découvrir, et sa gastronomie est pour moi le trait d’union entre son passé et son présent. On nous a présenté un côté bien folklorique, mais la passion du chef Pendergast qui nous parle de sa mignonette aux bleuets me fait soupçonner une gastronomie bien actuelle et de saison, avec les huîtres et le homard en vedette.

Bref, mes lointaines racines acadiennes, amérindiennes et irlandaises me donnent vraiment envie de poursuivre ma découverte des régions de l’Atlantique que j’ai amorcée cet été à Portland dans le Maine (mes textes trainent… ça s’en vient)!

À go, on se magasine un petit chalet pour l’an prochain (et une voiture ou des billets d’avion)?
Ile-du-Prince-Édouard 2014
Bienvenue à l’Ile-du-Prince-Édouard

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8 réponses à “Je rêve de l’Ile-du-Prince-Édouard

  1. J’espère aussi, un jour, pouvoir retourner à l’IPE. J’ai beaucoup aimé mon expérience lorsque j’y suis allé il y a… 25 ans! C’est un endroit superbe avec des gens superbes, différents, accueillants! Moi aussi j’ai fini par raffoler du country… Mais le vrai! Le country-folk, pas le country-rock…

    • Je crois que je partage les mêmes goûts pour le country – pas le country lancinant qui raconte inlassablement la même peine d’amour d’une voix nasillarde qui donne envie de se frapper la tête contre les murs… Mais plutôt celui qui donne envie de crier YAHOOOOO et de taper du pied vigoureusement! 🙂

      • Je suis pas certain que nous nous soyons bien compris… 😀 Je voulais dire que le country après 1990 n’est habituellement pas mon genre. J’aime le country folk comme ceci :

        Je parle d’un « country lancinant qui raconte inlassablement la même peine d’amour d’une voix nasillarde qui donne envie de se frapper la tête contre les murs »… 😉

        Bonne journée à toi!

      • Non, je crois qu,on est pas mal d’accord! Je ne connaissais pas ce groupe et j’aime beaucoup, merci de me faire découvrir!

        Ce que je n’aime pas, c’est lorsqu’on a ce petit « twang » déprimant:

        Mais j’aime beaucoup le country folk qui sonne comme ça:

      • The sweetest songs belong to lovers in the gloaming
        The sweetest days are the days that used to be
        The saddest words I ever heard were words of parting
        When you said, « Sweetheart, remember me »

        Remember me when the candle lights are gleaming
        Remember me at the close of a long long day
        It would be so sweet when all alone
        I’m dreaming just to know you still remember me

        Read more: Ernest Tubb – Remember Me (when The Candle Lights Are Gleaming) Lyrics | MetroLyrics

        🙂

  2. Tu vois j’aime bien les deux moi… J’aime bien le côté « dirty » du country aussi. Un peu comme les Rollings Stones l’ont fait à leurs débuts. Mais bon c’est vaste comme style musicale. As-tu écouté l’album « Dans la nature jusqu’au cou » du groupe avec pas d’casque? Quelques chansons déprimante mais d’autres sont donc bien savoureuseS!

    By the way, le « groupe » que je t’ai mis en vidéi plus haut c’est Bob Dylan qui chante avec Joan Baez.

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